In Godard We Trust !

C’est volontairement que Jean-Luc Godard vient de nous quitter, ayant recours au suicide assisté pour tirer sa dernière révérence.

Ces prochains jours, nous allons être inondés d’articles, de chroniques, de rétrospectives suite à la mort du cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard. Habitant la petite ville de Rolle en Suisse depuis de très nombreuses années, il a choisi sa propre fin en ayant recours au suicide assisté.

Pour ne pas paraphraser ce que l’on peut lire ou entendre dans les médias, je souhaitais revenir sur ce que ce nom représentait aux yeux des professionnels du cinéma mais aussi du grand public. Pour paraphraser un humoriste entendu hier à la radio: « On a tous un point commun avec Godard, c’est que l’on s’est fait chier devant ses films ». Cette phrase un brin caricaturale résume pourtant à mon sens ce que le grand public ressentait face à l’oeuvre parfois obscure, difficile d’accès voir carrément hermétique du cinéaste. Jean-Luc Godard a réalisé près de 150 films dans sa carrière mais pour beaucoup – et même parmi les gens de cinéma – la connaissance de sa filmographie se résume à sa période dite de la « Nouvelle Vague ». Mais réduire le travail de Godard a cette seule et unique période est une erreur même si les films qu’il va continuer de réaliser par la suite seront moins vus par le public. 

Durant mes études d’Histoire et esthétique du cinéma, j’ai étudié un de ses films majeurs intitulé « Histoire(s) du cinéma ». Et j’ai compris en regardant ce film et en passant du temps à l’analyser en quoi son travail me fascinait, même s’il était à priori difficile d’accès. Godard – tels les dadaïstes et les surréalistes avant lui – pratique l’art du collage avec une telle intelligence qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour en saisir toute la richesse. Cette art du collage est pour moi une source d’inspiration pour la pratique du montage – on collait d’ailleurs auparavant des segments de pellicule entre elles pour faire le montage d’un film. Et j’ai certainement raté ou mal compris un nombre important d’analogies, de références qui se trouvent dans ce film. En parallèle au film, il a aussi édité un livre qui rassemble des images tirés du film. 

Et puis je me suis aussi souvenu d’un film que Godard avait réalisé à l’occasion des sessions d’enregistrements de l’album « A Beggars Banquet » des Rolling Stones en 1968. Ce film intitulé « Sympathy For The Devil / One + One » m’avait fasciné à l’adolescence par la confrontation des images de création d’un morceau et celles qui faisaient écho à l’actualité de la fin des années 1960. En le revoyant aujourd’hui, je me demande quel réalisateur avec quel groupe pourrait reproduire ce dispositif, car l’actualité actuel n’est pas si éloigné de celle du film…

Il y a donc de quoi faire ces prochaines années en parcourant l’incroyable filmographie de Godard, revoir ses films les plus connus mais aussi découvrir un pan important de son travail encore peu connu.

In Godard We Trust !

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